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Ce qui ne marche pas en éducation : Les politiques de distraction par John Hattie


John Hattie a publié en 2015 un texte d’une cinquantaine de pages sur ce qui ne marche en pas en éducation. C’est ce qu’il appelle les politiques de distraction qui, souvent, coûtent beaucoup d’argent et apportent peu à l’apprentissage des élèves. Il met évidence cinq grandes distractions qui détournent les systèmes éducatifs et pointe les raisons qui poussent à se détourner de ces solutions.

1-Apaiser les craintes des parents : diminuer la taille des classes et choisir son école. a. La réduction de la taille des classes est très demandée par les parents, mais n’a qu’un effet très limité sans pédagogie adaptée. b. Les parents veulent pouvoir choisir l’école de leurs enfants, notamment vers le privé, alors qu’elles ne proposent souvent que des avantages superficiels (classes plus petites, sorties scolaires) et ne peuvent prouver leur meilleure efficacité pédagogique. 2-Arranger l’infrastructure : des programmes plus efficaces, des standards rigoureux, plus de tests et des nouveaux bâtiments. a. La plupart des programmes sont annuels, supposent que les élèves progressent à la même vitesse, sont mal corrélés aux modes d’évaluation et surchargés de connaissances : les changer sans établir des niveaux de réussite non-annualisés ne peut améliorer la progression des élèves. b. Deux types de standards d’apprentissage s’opposent chez les réformateurs : le « par cœur » et la réflexion. Or c’est la combinaison des deux et surtout la capacité des élèves à savoir quand les mobiliser qui sont décisives pour leur progression. c. La multiplication des évaluations certificatives obligatoires focalise les enseignements sur la préparation de ces évaluations et non sur l’apprentissage. Ces évaluations ne sont pas conçues pour améliorer l’enseignement. d. La construction de bâtiments innovants n’améliore pas l’enseignement sans formation professionnelle. 3-Arranger les élèves : avoir, au départ, des élèves meilleurs et mieux préparés a. Le développement des écoles maternelles ne montre pas une amélioration des résultats des élèves b. La multiplication des diagnostiques médicaux des élèves (autisme, hyperactivité) conduit à un étiquetage, à une absence de prise en charge pédagogique et à une baisse des résultats. c. Les styles d’apprentissages (visuel, auditif, kinesthésique) sont probablement inexistants et leur prise en compte n’améliore pas l’apprentissage. d. Le redoublement, souvent demandé par les enseignants, fait diminuer les résultats des élèves et devrait être abandonné. 4-Arranger les écoles : avoir plus d’argent et plus d’autonomie a. Les écoles à chartes paraissent plus efficaces que les écoles publiques, mais en réalité leur supplément d’efficacité est minuscule. b. Le renforcement des pouvoirs des chefs d’établissement ou de l’autonomie des écoles devraient permettre des décisions locales pertinentes. Or les effets de ces politiques sont réduits, et seulement quand elles permettent le recrutement local des enseignants et le choix local de méthode d’apprentissage. L’autonomie augmente aussi les inégalités entre les écoles. c. Augmenter les dépenses d’éducation n’améliore pas significativement l’apprentissage des élèves dans les pays développés. Notamment, lorsqu’elles consistent dans la diminution des effectifs des classes, l’ajout d’assistants non qualifiés ou de nouveaux bâtiments. d. Allonger les journées de cours ou augmenter le nombre de jours de classe n’a pas d’effet significatif sur la réussite des élèves. 5-Arranger les professeurs : avoir une meilleure formation initiale, des primes pour les meilleurs professeurs et la diffusion des nouvelles technologies. a. Les réformateurs réclament souvent une amélioration de la formation initiale des enseignants. Or cette formation a très peu d’impact sur la réussite des élèves. Les enseignants progressent beaucoup pendant leurs deux premières années d’exercice, puis beaucoup moins après. C’est donc la formation continue en début de carrière qui est fondamentale, plutôt que la formation initiale. b. Nombreux sont ceux qui proposent de mieux payer les bons enseignants. Ces politiques ont plutôt tendance à stresser et à démotiver les enseignants. c. L’utilisation des nouvelles technologies est vue comme un moyen de transformer l’école. Ces outils sont inutiles sans développement de nouvelles pratiques pédagogiques. Source : http://visible-learning.org/wp-content/uploads/2015/06/John-Hattie-Visible-Learning-creative-commons-book-free-PDF-download-What-doesn-t-work-in-education_the-politics-of-distraction-pearson-2015.pdf

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© 2020 - François Muller, Romuald Normand, Thierry Foulkes   - https://www.innoedulab.com/

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